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Retour à Birkenau - Dossier Pédagogique
Née en 1925, âgée de 94 ans au moment où l’on écrit ces lignes, Ginette Kolinka apparaît tournée vers l’avenir, parce qu’elle s’adresse aux jeunes, en se rendant dans les classes et en accompagnant des voyages scolaires à Auschwitz-Birkenau depuis les années 2000.
Retour à Birkenau, écrit avec la collaboration de Marion Ruggieri, est un témoignage cru et difficile, dont on sort bouleversé, en dépit des nombreux textes déjà lus sur la Shoah.
Malgré l’horreur décrite dans ces pages, dans quelle mesure ce texte s’adresse-til précisément
aux jeunes générations ? Déportée à l’âge de 19 ans, Ginette est une jeune d’hier qui parle aux jeunes d’aujourd’hui : son récit peut établir un processus d’identification pour les élèves. L’on sait que raconter une période de sa vie pour un témoin signifie d’accepter de la revivre. Le professeur de lettres, accompagné du professeur d’histoire, joue un rôle important pour partager ce moment, établir un lien entre l’histoire du témoin et l’Histoire, et ne pas se contenter de laisser jaillir l’émotion, même si elle est inévitable et sans doute nécessaire. Il ne s’agit pas ici de proposer une « exploitation pédagogique » au sens classique de l’expression, et donc pas d’indiquer par exemple des activités d’écriture et de langue habituelles, mais plutôt de guider la lecture des élèves, de les aider à acquérir les connaissances historiques utiles à l’appréhension d’un événement historique, de mettre en perspective ce témoignage avec d’autres textes, et peut-être de s’interroger sur la question de la dignité humaine.
Dans le cadre des nouveaux programmes de lettres au lycée, cette lecture peut prendre place en seconde, dans la séquence « Le roman et le récit du xviiie siècle au xxie siècle », comme un exemple de récit relevant d’une des formes du biographique, ou en première, à l’intérieur du parcours associé « Soi-même comme un autre ».